Au alors appel à leur plume pour qu’elle joue

Au 19ème, ce sont les poètes qui à travers leur poésie reflète les moeurs les plus intimes qui accompagnent la dépression.Ces poètes maudit par la mélancolie se retrouve seuls à la tombé de la nuit  face à leurs pensées, leur cauchemars, leurs vides et une feuille blanche. Ils font alors appel à leur plume pour qu’elle joue de sa musique et soulage ou déplacent leurs douleurs. Ils n’arrivent guère à voir le monde sous l’angle naif des ames pures et sans cesse se voient rappelés les mémoires accablantes de leurs passés troubles. On distingue chez ces poètes des thèmes récurrents tel que le rejet du monde, les amours douloureux, les peines et chagrins qui les séparent de la société. Ils se retrouvent alors, seul dans leur boudoir et puisent dans leur vide pour élaborer leurs souffrances et leurs cris de solitudes sur une feuille vierge. Un de ses artistes est notamment Baudelaire, qui durant sa carrière s’est tourné vers de nombreux mouvement littéraires dont le classicisme, le romantisme, le parnasse et le symbolisme. Il devient fameux pour avoir réalisé Le Spleen de Paris datant de 1846 à 1859 mais surtout pour Les Fleurs du mal de 1857. Dans ce dernier, le premier et principal chapitre s’intitule “Spleen et Idéal”, la conjonction de coordination “et” a une valeur d’opposition entre les mots “spleen” et “ideal”. On remarque ainsi que ce sont deux notions contraires. C’est en effet dans la mesure où Baudelaire a visé le très haut (l’idéal) mais a été exposé aux échecs et aux déceptions de la vie. C’est pour cette raison qu’on dit que le poète est l’être du monde le plus exposé au malheur. Par la suite, le mot “spleen” signifiant “rate” en anglais qui au sens propre est un organe. Ce spleen représente donc la mélancolie, l’état de dépression et de dégoût de la vie. Cette bile noire passait ainsi pour une sécrétion de la rate, selon la théorie hippocratique des humeurs. “Spleen” et “Mélancolie”  sont donc en principe des synonymes. Le terme “spleen” désigne en général l’ennui, voir le “taedieum vitae”, le dégoût de vivre. On a alors une représentation parfaite du Spleen avec la déchéance humaine dans un cadre macabre, lourd, effrayant et lent. Le mal de vivre du poète se fait ressentir et celui-ci demeure incapable de changer son mal être. C’est un terme qui est resté proche du langage médical bien qu’il a été adopté par Baudelaire pour lui donner une dimension plus philosophique car les thèmes étudiés dans ces poèmes sont des facteurs et des moeurs que l’on relate souvent à la dépression tant socialement que cliniquement. Ainsi, Baudelaire, utilise en quelque sorte comme catharsis l’écriture pour exprimer les douleurs de sa dépression. Il peint sa mélancolie sous différentes nuances avec des thèmes variés: Le spleen, la ville, la femme et la mort. Son travail démontre de la sensibilité et de l’omniscience de la solitude dans la vie de Baudelaire. Les thèmes présentés sont simple et ont une place dans nos vies de tous les jours, la mélancolie ou la dépression se place dès lors dans la vie de chacun. Même si elle est considéré comme “la bile noire” maladive, elle est à la fois aussi l’encre de l’auteur, son inspiration.  Chez Baudelaire, la littérature permet de se soulager de la mélancolie, elle est un repair pour les personnes aussi atteintes de ce trouble psychiques. Elle démontre d’une thérapie qui permet de soulager d’une manière plus saine, c’est à dire sans la consommation d’alcool, ou de drogues, les troubles des dépressifs. La mélancolie est en quelque sorte une muse pour Charles Baudelaire qui lui même disait « La mélancolie est l’illustre compagnon de la beauté; elle l’est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse». Sa poésie est donc la malédiction à l’origine des plus beaux vers. On distingue de même chez Verlaine une veine de mélancolie à travers ses poèmes. Lorsqu’il s’essaie à la poésie il publie son premier recueil nommé Les Poèmes Saturniens en 1866. Le titre fait explicitement référence à la poésie ainsi qu’à une planète; Saturne. Le choix de la planète saturne n’est pas anodine car dans l’antiquité gréco-romaine, Saturne est la planète de la vieillesse, mais aussi de la mélancolie, d’où l’expression “avoir un tempérament saturnien”, qui signifie avoir une personnalité de taciturne, ombrageuse et solitaire. Ainsi, ce recueil porte sur la douleur du poète, sur son inadaptation au monde et sur sa solitude. On remarque que Verlaine a été fortement influencé par Charles Baudelaire, qui avait qualifié Les Fleurs du mal comme un “livre saturnien”. La structure de son oeuvre est propre au spleen. Il est divisé en sections d’égale longueure. De plus, il est encadré par un prologue et un épilogue qui répond au prologue. On remarque que souvent les parties dans son recueil ont une connotation à la mélancolie et la dépression. Notamment Mélancolia, qui reste fidèle à son titre et  Paysages tristes qui permet au poètes d’identifier sa douleur à travers des paysages en peignant des poèmes souvent inspirés de couché de soleil. Ils ont tous pour thèmes communs: l’angoisse, la mélancolie et la peinture. C’est avec sensibilité, précision et expérience que Charles Baudelaire et Paul Verlaine traite la dépression. L’influence de leur art sur les personnes dépressives peuvent se révéler bonne car, le fait d’exprimer ses moeurs, de savoir qu’une autre personnes pourraient partager ses sentiments est une manière de consoler ce trouble